• Project : ANOTHER ARC II Chapitre 4 (21)

    Trois mois plus tard...Il est de retour, pas pour jouer des mauvais tours, mais pour publier au quart de tour ! Bref, ça fait toujours autant plaisir et stresser de poster un chapitre. Et comme j'ai pas grand chose de nouveau à dire à part que le concours est toujours en cours (si vous avez déjà produit quelque chose, envoyez moi un lien en MP ou dans les commentaires de l'article concours), je pense vous laisser directement avec le chapitre ! 

    https://www.youtube.com/watch?v=2mCLd_ULq1s

     

    Credits : 

    picture : It belongs to its rightful owner, didn't find their name, I'm sorry for that https://www.pinterest.fr/pin/823736588066291454/?autologin=true

     

    Text and scenario : ROB 

    Audio : Tk from Ling Tosite Sigure 

     

     

     

    Lune Sanglante

    Project : ANOTHER ARC II Chapitre 4 (21)

     

     

    À la résidence de l’équipe Kobashi, dans la soirée, Aria est allongée sur un canapé, son communicateur dans les mains.

     

    “Nos dernières informations nous indiquent qu’une série d’explosions inexpliqués ont eu lieu à plusieurs endroits de la planète cette nuit. Bilan : On compte déjà des centaines de victimes. Nos pertes sont estimées à 15 agents tués depuis 5 heures. La situation est on ne plus inquiétante. Selon les analystes de Mme Cross, il s’agirait d’une attaque liée à l’ancien groupe criminel qui a été démantelé il y a plusieurs années de ça : le syndicat du crime organisé, RAYVEN. Les hautes autorités d’Another demandent à tous les agents de rester vigilants et de ne pas sortir seuls. Des consignes de crise ont été véhiculées aux citoyens. Aucun d’entre eux ne doit sortir. C’est un cas de force majeure. Je répète, c’est un cas de force majeure.”

     

    Sur la carte affichée sur le communicateur d’Aria, de nombreuses zones luisaient d’un rouge menaçant. Elle éteignit l’écran et soupira.Léo, allongé à côté de sa propriétaire ,se frotta contre elle. Aria prit son ami dans les bras et se mit à le serrer fort.

    «

    — Tu es vraiment sûre d’aller bien ? Ça ne te ressemble pas d’être aussi émotive.

     

    — Je me sens impuissante Léo, un agent de mon niveau de mon niveau n’est d’aucune utilité dans ce genre de situation. Tout ce que je peux faire, c’est attendre et espérer que tout le monde rentre en sécurité.

     

    — Ne dis pas ça, je suis certain que s’ils ont besoin d’agents, ils n’hésiteront pas à faire appel à toi.

     

    À ces mots, Aria serra encore plus son ami dans ses bras.

     

      — Tu sais comment me remonter le moral toi, fit-elle, tentant de sourire.

     

      — Oui, on me dit souvent que je suis doué avec les femmes.

     

    Il leva la tête pour se donner de la contenance. Aria laisse s’échapper un petit rire, se leva et regarda par la fenêtre les lumières de la ville qui paraissait si calme par rapport à tout ce qu’il se passait cette nuit.

     

    Hoshiko jeta un coup d'œil vers sa droite, le lampadaire à sa droite venait de s’éteindre. Elle fit un bond en arrière pour éviter la lame qui venait de frapper le sol. Sting traîna l’objet tranchant sur le sol en se servant du câble rattaché à l’arme. Le visage de ce dernier se fendit d’un sourire, à peine visible dans la semi-obscurité où Hoshiko l’avait conduit. A cet endroit, elle pouvait se battre sans risquer d’attirer l’attention des gens. Entre-temps, elle avait eu tout le loisir de charger une balle étourdissante dans le chargeur de son fusil. Elle pressa la gâchette, la balle fusa vers le sol en direction de Sting qui eut immédiatement le réflexe de se protéger. Hoshiko profita de cet instant pour soulever l’encoche sur le côté, afin de passer sur le mode balles d’énergie. Elle mit un genou à terre et tira une seconde fois. La balle d’énergie s'enfonça dans l’épaule de Sting, laissant une flaque de sang aux pieds du criminel. Il recula lentement, secoué par le choc de l’impact. Il sourit en regardant son épaule blessée puis se jeta à nouveau sur elle. A-mi chemin, il fit un mouvement qui fit passer son poignard à la droite d’Hoshiko qui se baissa, évitant le tranchant qui passa au-dessus de sa tête. Sting arriva juste en face d’elle, l’autre khukuri dans sa main gauche, visant directement le visage d’Hoshiko. Elle donna un coup de genou vers le bras de Sting qui dévia sa trajectoire, mais le bout de la lame effleura son visage. L’homme donna un coup de boule à la jeune agente qui la déstabilisa. Elle sortit sa deuxième dague, croisant le fer avec les poignards incurvés de Sting. L’assassin se mit à frapper en faisaient des petits quarts de tours alternant droite et gauche au hasard. Elle bloqua un coup dirigé sur son torse. Le câble s’enroula autour de son poignet, la bloquant dans cette position. Il enroula l’autre extrémité du fil métallique autour de sa jambe et tira vers lui. Sa force était impressionnante et Hoshiko n’eut pas d’autre choix que d’être tirée dans sa direction. Elle serra fermement le manche de son propre poignard, risquant le corps-à-corps avec son opposant. Il fit de même, visiblement prêt à en découdre. Le bruit peu ragoûtant de chair transpercée parvint aux oreilles d’Hoshiko et une tache de sang se répandit sur le sol juste devant leurs chaussures. Le poignard d’Hoshiko était planté dans le bras droit de Sting. Le flanc de l’uniforme d’Another présentait une entaille assez sérieuse, mais heureusement, la coupure était assez superficielle. Elle n’eut pas le temps de se réjouir qu’il se mit spontanément à rire, au grand étonnement d’Hoshiko. Il enfonça la lame de l’agent encore plus profondément dans son bras.

     

    — Ha. Ha. Ha.HAHAHAHAHA. Je m’étais rarement autant amusé ! L’étoile montante d’Another en vaut vraiment la peine.

     

    Elle tenta de retirer son arme pour prendre de la distance, mais il saisit son bras, avec une force telle qu’elle ne pouvait pas se défaire de son emprise. Utilisant son seul bras disponible, elle sortit un couteau de lancer et le planta dans l’épaule de Sting, avec l’espoir qu’il lâcherait prise. Elle comprit son erreur quand soudainement elle ressentit un danger imminent.

     

       — Oui. Oui je comprends maintenant ! hurla-t-il.

     

    Il releva la tête en gloussant, et ce que vit Hoshiko ne lui plût pas. Des pupilles jaunes, brillant dans l’endroit peu éclairé, la fixaient d’un air fou et effrayant. Il frappa vif comme l’éclair. Son genou se logea dans l’estomac de la jeune fille qui fut forcé de lâcher prise sur le poignard. Elle recula, encore étourdie par le choc. Elle s’était laissée déconcentrer quelques instants qui ne furent pas à son avantage. Elle reçut un coup de pied brutal dans le torse, et roula pendant quelques mètres à même le sol. Le souffle coupé, elle tentait tant bien que mal de reprendre ses esprits. Comment était-il devenu aussi fort en peu de temps ? Elle vit que Sting se tenait au dessus-d’elle, saisissant la capuche de l’uniforme, qui tomba en arrière, révélant la chevelure de la jeune femme. Il s’accroupit et attrapa quelques-unes des mèches. Il les regarda avec insistance, comme obnubilé par une couleur si peu fréquente dans un pays comme le Japon.

     

    — Quelle belle chevelure… On dirait de la poussière d’étoile.

     

    Sans même donner de réponse, elle frappa l’estomac de Sting avec son pied et roula pour se dégager. Dépourvu de son poignard et n’ayant pas le temps de dégainer le second, elle bloqua la lame avec le corps de son fusil. Les deux armes se bloquaient l’une et l’autre dans un concours de force. Ça ne serait qu’une question de temps avant qu’il prenne l’avantage. Les coups pleuvaient et chaque fois que les armes s’entrechoquaient, il semblait augmenter en puissance. À un certain moment, Hoshiko fit en sorte de bloquer de manière à ce que le canon de son arme se trouve face à Sting. C’était à double-tranchant, mais elle était à court d’options pour s’éloigner de l’homme. Sans prévenir, elle appuya sur la gâchette et l’arme fit feu. L’omoplate de Sting fût touchée de plein fouet, et le haut de sa tenue partit en fumée. Cependant, Hoshiko reçut le coup du recul additionné à l’onde de choc et fut projetée brutalement en arrière et elle finit sa course sur le sol.

    Laquelle ne fût pas sa surprise quand Sting, avec un trou assez profond dans l’omoplate, le bras ballant et marqué par des brûlures se tenait encore debout, et la fixait d’un air ahuri. Son autre bras intact tenait sa blessure. Il arracha ce qu’il restait de son haut. Son torse était marqué de cicatrices. Il s’approcha lentement d’elle, une aura jaunâtre l’entourant comme un vêtement.



    Sa puissance semblait avoir encore augmenté. Elle se releva, courant dans la direction opposée, cherchant à s’éloigner le plus possible de l’homme. Il ne lui laissa pas de répit et bondit dans sa direction, sa vitesse ayant augmentée par rapport au dernier assaut. Elle fit une esquive sur la droite quand le poing de Sting frappa dans le sol. Celui-ci se fissura sous le coup. La main de l'assaillant saignait encore plus. Il jeta un regard furibond à Hoshiko. Son visage se fendit en un sourire malsain une seconde fois. Il saisit une des lames de son arme et passa la lame aiguisée sur son torse. Une nouvelle plaie venait de s’ouvrir et la présence de Sting était encore plus menaçante. L’aura jaunâtre s’agrandit. Hoshiko analysa son adversaire. Il se tenait là, sans se mouvoir. C’était donc cela les singuliers dont M.Kobashi parlait ? Elle n’eut pas le temps de respirer plus longtemps, car Sting se trouvait à sa hauteur, la lueur meurtrière dans ses yeux brillant encore plus fortement. C’était donc ça l’ennemi n°1 d’Another ? Elle ne parvint pas à se dérober cette fois, et reçut dans le visage un coup de poing qui était bien trop violent pour être celui d’un simple humain. Une des vitres qui servaient de protection pour les yeux sur le masque se fissura, réduisant ainsi le champ de vision d’Hoshiko. Le contact violent du métal contre son visage faisait un mal de chien. Mais les dégâts ne s’arrêtaient pas là. Un grésillement inquiétant lui faisait comprendre que le modulateur vocal avait rendu l’âme, en même temps que le retour continu du système de communication d’Another.

    Une trainée chaude lui tomba sur l'œil gauche. Son front s’était mis à saigner également. Elle avait tout intérêt à terminer le combat maintenant ou ça finirait très mal. Elle jeta un œil dans sa direction. Il semblait épuisé, ce qui étonnait Hoshiko. Son sang ruisselait de ses mains, créant des petites flaques chaudes d’hémoglobine sur le sol froid. Il faisait presque pitié à regarder. Il semblait s’être repris car l’aura avait largement diminué depuis tout à l’heure. Quand il leva les yeux vers elle, ce n’étaient pas les yeux remplis de folie qu’il arborait, mais ceux d’un simple homme luttant contre l’épuisement.

     

    - Je ne m’attendais pas à autant de résistance, pas énormément de personnes m’ont poussés dans mes derniers retranchements…

    Il ricana avant de reprendre :

    Ça me rappelle le Faucheur, lui aussi c’est un monstre, lui aussi inspire autant de crainte  aux criminels que je n’en inspire aux agents d’Another.

     

    Hoshiko ne ressentait plus aucune agressivité émanant de lui, il parlait même sur un ton égal, très en contraste avec son détachement narquois qu’il montrait au début de leur rencontre.

    Hoshiko aurait pu frapper un nombre incalculable de fois, elle voyait tellement d’ouvertures qu’en un rien de temps, elle pourrait en finir. Mais, et voulait entendre ce qu’il avait à dire pour une raison qui lui était étrangère. Une sorte de respect peut-être ? Elle se tenait prête néanmoins, rechargeant ses munitions à énergie. Elle s’apprêtait à faire feu.

     

    … Another n’est pas comme vous essayez de vous le faire croire à vous-même, continua t-il. Certains agents sont aussi cruels et peu recommandables. Qu’est-ce qui différencie un agent d’Another d’un assassin. Pas grand chose si ce n’est une licence qui vous donne des droits auxquels même la police n’a pas accès.

     

    Il toussa, de plus en plus mal en point. Hoshiko avait son viseur pointé sur lui. Quand il aurait enfin fini son discours, elle en terminerait. Il ne pouvait pas s’enfuir. Quelque part, il n’avait pas tord, mais si les choses devaient changer, elles devaient changer de l’intérieur. Another mettait la liberté des gens derrière des règles strictes. Il valait parfois mieux être limité que de se perdre dans la liberté. Another apportait une solution, certes radicale, mais pas insensé. Dans un monde comme celui-ci, la balance entre ordre et chaos était nécessaire.

    • Another se sert de vous... Elle vous fait prendre des vies, et finira par vous voler la vôtre. »

     

    Il continuait son discours, les bras écartés. Dans ce qu’il disait, Hoshiko sentait une sorte de justesse, même si elle ne pouvait pas exactement le décrire, c’était comme si c’était du vécu.

     

    • … Je sais ce que je dis, j’y suis passé moi aussi, j’ai aussi participé à cette   chaîne vicieuse. Pourquoi est ce que tu crois que je suis l’ennemi public n°1 d’Another ? Huhuhuhu.

     

    Hoshiko fut surprise, avait-elle bien entendue ? N’avait-il pas impliqué qu’il avait un lien étroit avec Another ? Elle secoua la tête, chassant de son esprit toute pensée parasite qui l’empêcherait d’accomplir sa tâche. Elle approcha son doigt de la gâchette. Il avait fini de parler, il était l’heure de rendre le jugement d’Another.

     

    • Votre mort, notre j… Commença-t-elle.»

     

    Elle ne put terminer sa phrase. Un bruit strident vînt l’interrompre. Elle tomba à genoux, les mains sur les oreilles. Devant ses yeux, tous les écrans de son masque s’étaient mis à grésiller, à afficher des couleurs hasardeuses tout en émettant des sons qu’un appareil n’aurait pas pu émettre en temps normal. Elle tomba à genou, le front collé sur le bitume. Le bruit cessa, elle retira violemment le masque qui était définitivement grillé en tirant un peu plus sa capuche afin de garder son visage caché, dans cette obscurité ils ne pourraient pas le voir.

    Quand elle posa les yeux sur Sting, il n’était pas en meilleur état, il avait un genou posé au sol, et serrait les dents. À ses côtés, Hoshiko vit une personne. Une jeune femme. Ses cheveux teints de mèches mauves flottaient dans le vent. Elle tenait en main une sorte d’orbe qu’Hoshiko devinait être la source du bruit.

    Elle jeta un regard amusé vers Hoshiko, qui ne bougeait pas. Cette dernière tenait un couteau de lancer entre les mains et attendait le moment opportun pour frapper.

    L’inconnue aida son camarade à se relever, lui offrant son épaule pour le soutenir.

     

    — Heureusement qu’Eleven m’a donné cet appareil patron, c’était moins une. Fit-elle avec une once de soulagement.

     

    — Qu’est-ce que... commença-t-il lentement, visiblement trop esquinté pour aligner quatre mots. ...Tu fais ici, je croyais t’avoir dit de rester caché jusqu’à ce que je t’en donne l’ordre.

     

    — C’est Eleven, répondit-elle en faisant la moue.

     

    — Bon, ça ira pour cette fois, termina-t-il en baissant la tête, je suis trop fatigué.»

     

    Hoshiko saisit alors l’occasion, elle lança son projectile de toutes ses forces.

    À sa plus grande déception, la femme l’évita, et quelques cheveux tombèrent au sol.

    Elle sortit un pistolet et tira dans l’épaule d’Hoshiko qui se recroquevilla de douleur appuyant sur la blessure avec sa main.

    Elle tourna les talons, Sting à ses côtés.

    Hoshiko prit la parole, vu qu’ils étaient encore à portée :

     

    — Pourquoi me laisser en vie...

     

    — Tu es drôle toi tu sais, je n’ai pas de temps à perdre, considère-toi chanceuse, on a besoin de lui et vu l’état dans lequel tu l’as mis, je t’aurai tué avec plaisir. Mais un de vos Red-Hand est dans les parages, donc ça sera pour une prochaine fois. Bye-bye~ »

     

    Elle fit un mouvement de la main et disparut dans les ténèbres des ruelles alentours.

     

    En serrant les dents, Hoshiko se releva, lentement mais sûrement. Elle déchira un morceau de ses vêtements et l’enroula à la va vite autour de son bras. En ramassant ses affaires, elle vit une personne sortir de l’ombre. Elle était vêtue de l’uniforme d’Another et de son masque, qu’elle retira de son visage, révélant une tête familière.

     

    —Iroe ? Je pensais bien que c’était vous, fit Eurynome en se rapprochant d’elle.

     

    Il l’aida à se lever, lui offrant son épaule comme soutien.

     

    —Sting, il s’est échappé avec une autre de ses alliés, articula-t-elle avant de serrer les dents de douleur.

     

    —Les histoires c’est pour après, d’abord il faut qu’on aille tout de suite dans une cache d’armes d’Another. Il faut désinfecter ces plaies.

     

    Il se dirigea vers une ruelle avec Hoshiko sous le bras. Ils s’éclipsèrent comme des ombres,  laissant derrière eux un lieu qui témoignait du violent affrontement qui venait de prendre place,  baigné par la clarté de l’astre lunaire.»



    Au même moment, dans un centre de soin à l’autre bout de la région :

     

    — Attention Jack ! fit une voix à laquelle était mêlée anxiété et panique.

     

    Akeru venait de se relever brutalement, jetant des regards affolés aux quatre coins de la pièce.

    Quand il cligna des yeux une bonne demi-douzaine de fois, le blanc maculé qui l’entourait lui mit la puce à l’oreille. Il se trouvait dans le centre de soin. La réalité le frappa de nouveau. Jack ne pouvait plus répondre. Il n’était plus de ce monde.

    Akeru releva ses draps. Il était vêtu uniquement de son sous-vêtement et de nombreux bandages couvraient les diverses brûlures qu’il s’était fait lors de son escapade dans le quartier général du K.H.S.

    À l'instant même où il entreprit de mouvoir son bras, une douleur qu’il n’avait jusqu’alors jamais ressentie avec une telle intensité le frappa. Il se retint de gémir ; se contentant de retomber mollement dans son lit. Il attendit ainsi couché pendant de nombreuses minutes, quand la porte de sa chambre s’ouvrit, laissant apparaître une femme portant la fameuse blouse blanche qui indiquait qu’elle faisait partie du personnel soignant. Sans dire un seul mot, elle prit une chaise et s’installa à quelques mètres du lit.

     

          — M Itou, c’est bien ça ? Je me présente, je suis le docteur Ishii Fujino, de la branche médicale d’Another, spécialisée dans la prise en charge des Singuliers.

     

    —Attendez, comment vous savez que je…

     

    —N’en dites pas plus, vous voulez savoir comment je suis au courant que vous êtes un singulier ? C’est simple, les informations circulent dans Another. Au moins avec le service médical.

     

    Elle regarda son calepin sur lequel était marqué des choses qu’Akeru n’arrivait pas à lire de là où il était. Elle attrapa fermement le poignet de l’agent et le déplaça. Il fit la grimace et tourna la tête dans l’autre sens pour éviter que la médecin ne voit sa tête.

     

    C’est bien ce que je pensais, fit-elle, réfraction du flux d’Ember. C’est un phénomène commun chez les Singuliers pas assez expérimentés.

     

    Ne venait-elle pas de traiter Akeru de novice ? Il se garda de lui faire remarquer cependant.

     

    —Ember ? Je croyais que son nom était Emberanium ?

     

    —L’emberanium, c’est l’énergie brute que l’on utilise pour alimenter de nombreux appareils, la suite vous la connaissez. L’Ember, c’est l’énergie sous la forme que les singuliers utilisent. C’est une mutation de cette énergie pour faire simple. Et justement, il se trouve que les singuliers qui viennent à peine développer leur Ember ont tendance à l’utiliser sans parvenir à contrôler la quantité d’énergie qu’ils utilisent, ce qui comme dans votre cas, conduit à un dérèglement du flux d’Ember, qui provoque en général des douleurs intenses pendant quelque temps, dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas… Un utilisateur peut perdre la vie.

     

    Akeru avala sa salive. La mort hein. Il se rendit compte qu’il était passé à côté du pire, en prenant en considération le fait qu’il avait forcé sur ses réserves pour combattre... Le souvenir du visage de 727 suffit à le faire grimacer.

     

    —Et ça arrive fréquemment que des singuliers, heu, et bien perdent la vie de cette manière ?

     

    —Heureusement non, mais c’est déjà arrivé dans le passé. De plus, les données que nous avons ne concernent que les Singuliers qui sont affiliés à Another. Qui sait combien de singulier laissés dans la nature sont potentiellement morts.

     

    Elle prit un air sombre pendant un moment, fixant le mur en face du lit :  

     

    Prenons M.Kobashi, le leader de votre équipe. Lui c’est un cas très rare, il a compris et maîtrisé sa Singularité en très peu de temps, et il n’a pas souffert de dérèglement du flux d’Ember. Mais lui, c’est un prodige du combat, il ne faut même pas se demander comment, c’est un génie. Je suis même étonnée de le retrouver dans ce centre aujourd’hui. Enfin, pas tellement, vu qu’après un scan, son niveau d’énergie était dans le rouge.

     

    —Mais, ça n’a pas de sens, il ne l’a pas utilisé une seule fois quand j’étais avec lui.

     

    — C’est ça qui est étrange justement. Quand je lui ai demandé, il m’a dit de ne pas m’en faire, que ce sont juste des détails.

     

    — En parlant de lui, comment va-t-il ? s’enquit Akeru.

     

    —Il va garder une cicatrice sur le torse mais sinon il s’en est plutôt bien sorti.  Ecoutez, je ne sais pas ce que vous avez vécu là-bas, mais si vous jamais vous avez besoin d’un soutien psychologique, n’hésitez pas à faire appel à nous. Perdre un collègue n’est jamais facile.

     

    — Mme.Cross…

     

    Il laissa sa phrase en suspens, le fait même d’évoquer ce nom de famille lui brûlait les lèvres, comme une marque indélébile de l’événement tragique qui était arrivé il y a de cela quelques heures. Et que dirait Hoshiko ? Elle tenterait sûrement de le rassurer en disant qu’il avait fait son travail. Mais était-ce réellement suffisant comme excuse ? Akeru hésita à terminer sa phrase, il n’était plus très sûr d’avoir envie de savoir. Il se résolut néanmoins et prit son courage à deux mains.

     

    — Mme. Cross, est-ce-qu’elle est au courant pour son frère ?

     

    Il serra le poing, ignorant la douleur, qui fut moins violente cette fois-ci. En tant qu’agent. Voir des gens mourir devait être devenu une normalité et pourtant toutes ces images restaient gravées dans son esprit . Hoshiko n’aurait eu aucun problème à surpasser cette épreuve, elle s’était résolue à accomplir son devoir, restant impassible face à l’adversité. M.Kobashi, lui, était plus compliqué à cerner. Akeru connaissait son titre de “Faucheur”, lui ayant été attribué pour avoir accompli le plus de mission et d’avoir mis à mort le plus grand nombre de criminels. Lui devait être habitué à la mort. Akeru dans son cas, faisait cela en accord avec ses idéaux de justice. Mais faire régner la justice à la manière d’Another signifiait sacrifier le plus petit nombre pour le plus grand nombre. A cet instant précis, il ne savait pas ce qui était juste, tout ce qu’il savait, c’était qu’il avait eu l’orgueil de penser que devenir plus fort pourrait éviter ce genre de drames, et que ce même orgueil avait conduit à la perte d’un des seuls amis qu’il avait eus à ce jour. C’était une grave erreur de compter uniquement sur cette régénération pour le porter. Elle était aussi désavantageuse qu’avantageuse. Cette consommation d’énergie l’avait mit en difficulté face à Sting et maintenant face à 727.

     

    Le docteur se tourna vers lui, devinant son inquiétude. Elle soupira et se remit debout.

     

    —Oui, elle est au courant, je ne connais pas les détails, mais elle disait qu’elle préparerait les funérailles quand cette crise sera passée. Elle m’a dit que vous étiez convié. Je sais que ça doit être difficile pour vous mais ne faîtes rien qui demande trop d’effort. J’ai regardé les données récoltées sur votre singularité, et selon mes observations votre corps accélère le processus de guérison à une vitesse phénoménale, mais votre fatigue physique ne se régénère. Cela signifie que même si vos blessures se referment, votre corps subit tout de même la fatigue

     

    — Je trouve ça étonnant que des médecins spécialisés en singuliers existent vu la nouveauté du phénomène.

     

    — En réalité ,les Singuliers sont toujours humains, la chose qui les rend si différents c’est que la présence de l’Ember leur donne des capacités hors du commun. Et avec la technologie moderne, créer un appareil qui nous permet de garder un œil sur les conditions vitales d’un singulier n’est pas si compliqué.

     

    — Je veux dire que vu que leur existence est supposée rester secrète, le personnel médical qui peuvent les prendre en charge est limité à Another.

     

    —Imaginez comment les gens réagiraient s’ils savaient que parmi eux existent des gens avec des pouvoirs. Vous savez pourquoi Another s’intéresse autant aux Singuliers, Mr. Itou, s’enquit le docteur.

     

    — Quelqu’un doté d’une telle puissance peut tomber du mauvais côté, j’imagine, dit Akeru en haussant les épaules.

     

    — Exactement, si des singuliers deviennent des criminels, exactement comme Sting, ils représentent une menace sans précédent. En trouvant et en mettant les Singuliers sous l’aile d’Another, ils empêchent à des catastrophes d’arriver. Seulement, ce n’est pas assez. Des syndicats criminels arrivent à obtenir des informations sur les Singuliers et certains de ces singuliers se font kidnapper.

     

    Le communicateur d’Akeru vint interrompre la discussion. Il venait de recevoir un message de la plus haute importance, il pouvait le savoir, car la sonnerie était différente en fonction de l’importance du message. Il se saisit de l’appareil non sans difficulté, et ouvre le message. C’était de la part du responsable de la région de Kanto, à savoir Mme. Cross. Au début, cela semblait être un simple message d’information, à savoir que cette nuit était particulièrement dangereuse, que de nombreux agents étaient morts dans les insurrections qui sont survenues, mais très vite son visage se décomposa en lisant la suite.

     

    “... Agent  K-11121-I, Akeru Itou, après délibération de nos membres, le conseil d’Another a décidé de suspendre votre licence d’agent temporairement afin de vous protéger. En effet, après les événements qui ont touché le K.H. S. ces dernières heures, il est évident que nos ennemis cherchent à attaquer des cibles précises, et selon le dernier rapport audio de l’agent K-8991-I, vous êtes l’une des cibles principales, nous vous demandons donc de comprendre cette décision.

    Signé, Anna Cross, votre responsable.”

     

    — C’est une blague ? dit-il

    Akeru serra les dents, luttant contre la douleur qui le prenait dans le haut de son corps. Il parvint finalement à se relever. Quand il posa le pied à terre, il ne sentit rien et manqua de tomber si le docteur n’avait pas été là pour le retenir.

     

    — M. Itou, qu’est-ce que vous faites ? Votre état n’est pas à prendre à la légère. Contrôlez-vous enfin !

     

    — Je dois voir Mme Cross, fulmina-t-il, dites à M.Kobashi que je prends de l’avance, je retourne au bercail.

     

    — Vous ne tiendrez pas 10 minutes debout, vous avez atteint votre limite pour le moment, réfléchissez-y, fit-elle sur un ton qui se voulait concerné.

     

    — Ma limite, répondit-il en souriant légèrement, laissant apparaître ses dents, aller au-delà de mes limites, c’est ma spécialité.

     

    — Je refuse de vous laisser partir. Mes patients, j’y tiens, insista-elle, je suis désolée pour ce que je dois vous faire M. Itou.

     

    — Comment ça désol...

     

    Il ne put finir sa phrase. Elle avait planté un dispositif sur lequel on voyait une seringue dans son dos. Le liquide s’injecta automatiquement et Akeru sentit ses muscles se ramollir. Il commençait à voir flou, et avant même qu’il eût le temps de protester, il sombra dans un sommeil profond.

    Le médecin le reposa sur son lit, un regard inquiet sur le visage et prit entre ses mains le communicateur d’Akeru. Elle  soupira avant de reposer l’appareil sur la table de chevet d’Akeru, tourna les talons et ferma la porte derrière elle.

     

    — Je vous jure, ses jeunes agents, fit-elle. Toujours aussi téméraires. Il te ressemble beaucoup Kobashi, se dit-elle à elle même alors qu’elle marchait dans le couloir du centre de soin.

     

    Quelques minutes plus tard, cette fois-ci dans la cache d’Another, Hoshiko s’apprêtait à repartir vers l’immeuble où ils habitaient, accompagnée par Eurynome.

    Hoshiko commençait à ressentir les effets de la fatigue. La nuit avait été des plus éprouvantes, et l’idée de se rouler en boule dans son lit lui semblait attrayante. Akeru reviendrait sûrement bientôt, enfin du moins elle l’espérait.

     

    Elle reçut un message qu’elle s’empressa d’ouvrir. C’était de la part de Mme Cross, le message disait qu’avec le rapport qu’elle avait fait quelque temps plus tôt, ils avaient décidé de suspendre Akeru et elle pendant un moment afin de ne pas les exposer à la menace qui planait sur eux. Hoshiko le savait, Akeru ne serait pas content de cette décision, mais il avait déjà trop fait à sa tête récemment. Les responsables ne pouvaient pas tout laisser passer, et Akeru tirait sur une corde tendue depuis longtemps déjà. C’était souvent grâce à M.Kobashi qu’il n’y avait pas de répercussions.

     

    Eurynome, comme à son habitude, ne parlait pas énormément. Hoshiko n’était pas du genre bavarde elle-même, et c’était probablement une des raisons pour laquelle ils marchaient en silence dans les rues désertes. Les lumières de la ville étaient hypnotisantes, donnant encore plus sommeil à Hoshiko et le temps semblait en conséquence plus long. Quand ils arrivèrent finalement au pied de la colline, Eurynome s’immobilisa, enlevant ses lunettes d’aviateur. La porte n’était pas  fermée et la serrure était forcée. La fatigue s’évapora du corps d’Hoshiko en un clin d’oeil, et tous ses sens étaient en alerte. Elle mit la main sur son poignard. Eurynome se saisit d’un pistolet. Ils se regardèrent brièvement et se jetèrent dans les escaliers à tout vitesse, Eurynome en premier, Hoshiko sur ses talons. Une graine de crainte germa dans l’esprit d’Hoshiko. Et s’ils avaient enlevé Aria. Etait-ce un coup de Sting ? La porte qui menait au salon était fermée, alors qu’elle était ouverte à l’accoutumée. D’un geste brusque, Eurynome donna un coup de pied dans la porte et tint son arme tendue devant lui. Une vision familière frappa Hoshiko. Deux corps ensanglantés, étendus sur le sol çà et là. Des marques de lame sur les murs. Des douilles de balles.

     

    — Aria ? Tu m’entends ? fit Hoshiko en cherchant la jeune fille du regard.

     

    — J’entends quelque chose. Par ici, fit Eurynome en pointant vers les chambres.

     

    Ils se précipitèrent sans dire un mot de plus. Les traces de combat se faisaient de plus en plus précises et Hoshiko remarqua un détail supplémentaire : des poils beiges répandus çà et là. Eurynome plaça la main sur la poignée d’une des chambres et ouvrit lentement et silencieusement la porte. Ils entendirent alors ce qui s’apparentait à des pleurs étouffés. La tonalité de la voix rassura quelque peu Hoshiko, ça ne pouvait être qu’Aria, elle était vivante, mais dans ce cas, pourquoi pleurait-elle ? Une fois qu’ils eurent une vision plus globale sur la pièce plongée dans le noir, Hoshiko devina que le climax de l’affrontement avait dû se passer à cet endroit.

     

     

    — Aria, tu es là ? s’enquit Hoshiko.

     

    La seule réponse qu’elle eût était une complainte étouffée par des sanglots.

     

     — Dei*... Qu’est-ce qu’il s’est passé ici, marmonna Eurynome en poussant du pied un cadavre qui l’empêchait d’avancer.

     

    Note de l’auteur : lit. Dieux, en effet, Eurynome suit énormément les coutumes nordiques, par extension, il utilise le pluriel, car la religion nordique est polythéiste, bien qu’il ne soit pas vraiment croyant, c’est une interjection.

     

    Il chercha l’interrupteur, en tâtonnant dans le noir. Le “clic” de l’interrupteur transforma la pièce engouffrée par les ténèbres en un tableau morbide. De nombreux cadavres jonchaient le sol de la pièce, et le détail qui frappa Hoshiko était qu’ils étaient tous habillés de la même manière, un costume noir par-dessus une chemise blanche, et la tête recouverte par des casques avec deux crochets qui ressortaient en bas de l’accessoire, ressemblant fortement à des crocs de serpent. Quand la jeune fille leva les yeux vers le fond de la pièce, elle vit ce qu’elle cherchait depuis le début.

    Aria se trouvait dos au mur, recroquevillée sur elle-même. Son pardessus fétiche était déchiré par endroits. Son visage était fermé, embué par des larmes qui ne cessaient de couler. Au sol, à ses côtés gisaient ses armes, maculées de sang des assaillants.

     

    — A... Aria ? dit Hoshiko sans bouger.

     

    — Hé, il s’est passé quoi, vous allez bien, fit Eurynome qui se déplaça vers elle sans perdre un instant.  

     

    — L… Lé, articula-t-elle entre deux sanglots.

     

    — Elle en état de choc, fit Eurynome, à quoi fait-elle allusion, bon sang ?

     

    Elle comprit soudainement ce qu’Aria voulait dire, elle se mit à chercher du regard ce qui semblait manquer à l’appel.

    Un froid mordant s’empara d’elle, et malgré cela, son regard ne le trahissait pas. Les pièces du puzzle commençaient à s’assembler.

    À seulement quelques mètres, étendu sur le côté, se trouvait le compagnon à fourrure d’Aria. La vision était des plus désagréables : Un des flancs du fauve était parcouru par une longue coupure. Par chance l’entaille n’était pas très profonde. Juste à côté de lui se trouvait un cadavre humain, sur lequel on voyait des traces de crocs au niveau du cou. Près de sa main, il tenait une sorte de dague de laquelle suintait un liquide jaunâtre. En passant la main près de la blessure du mini-léopard, elle vit que cette même substance se trouvait au niveau de la plaie.

     

    — Du poison ? fit-elle à voix basse, se parlant plus à elle-même qu’aux autres interlocuteurs de la pièce. Eurynome tenait toujours Aria, dont les soubresauts devenaient de plus en plus incontrôlables.

     

    Hoshiko se saisit d’un morceau du miroir brisé qui se tenait aux alentours. Elle le mit devant le museau du fauve. De la buée. Il y avait encore de l’espoir. Elle soupira de soulagement.  



    — Il respire encore, dit-elle en levant les yeux, si l’on se dépêche, on peut encore le sauver.



    — Vous n’avez pas l’impression d'oublier quelque chose, grogna Eurynome en relevant la jeune fille.

     

    — Oublié quelque chose ? répondit Hoshiko en dirigeant son regard vers l’homme.

     

    Son expression habituelle examinant la silhouette frémissante de son amie puis l’homme aux lunettes noires.

     

    — C’est de vous qu’elle a besoin, pas de moi, vous êtes dans son équipe, non ?

     

    — Léo... Léo...il m’a protégé...bégayait Aria, l’expression toujours aussi vide. Ils sont entrés. Ils nous ont attaqués. Léo les a sentis. Il m’a sauvé.

     

    Ses propos étaient confus, il était évident qu’elle avait subi un traumatisme psychologique.



    — Du calme, on peut encore le sauver, fit-il l’aidant à bouger. Comme je le disais, ça ne vous fait rien ?



    — ça me fait quelque chose, mais où voulez-vous en venir, répondit Hoshiko qui se relevait doucement. Un professionnel fait passer son devoir avant son ressenti.

     

    — La première chose que vous auriez dû faire, c’est venir auprès d’elle pour la réconforter. J’aurais pu le faire moi-même, elle a sûrement besoin d’un appui moral de quelqu’un de familier, pas du mien. Absit reverentia vero* 

               

    *Note de l’auteur : signifie “Ne craignons pas de dire la vérité”, locution latine

     

    Aria s'agrippa à l’uniforme d’Eurynome. Ça lui faisait quelque chose, mais la mort est partie intégrante du travail d’agent. Elle se rappela soudainement qu’Aria n’avait probablement pas encore tué de criminels jusque-là, que c’était là ses premières victimes et qu’elle aurait pû voir la mort en face. Comment pouvait-elle penser ainsi, elle qui était venu au chevet d’Aria pour la féliciter de son nouveau grade ?

     

    — Garder la tête froide lorsque le pire arrive fait partie le travail d’un agent d’Another. Nous ne pouvons pas laisser nos sentiments ou nos émotions prendre le dessus.

     

    — Ce n’est pas ce que dirait Akeru, fit-il en tournant le dos, imaginez que ça est été lui à la place de cet animal. Ou si ça avait été vous, qu’est-ce qu’aurait dit Akeru ? Vous pensez que la première chose qu’il ferait serait de penser à envoyer des informations au laboratoire ? Venez Mademoiselle, ne restons pas ici, je vous emmène dans un centre de soin.

     

    — Qu’est-ce qu’Akeru fait là-dedans ? Je… leur ferait payer pour ça.



    Elle n’avait plus rien à dire. Emmener Léo et Aria en lieu sûr était plus important.  

    Il aida la forme tremblante d’Aria à se mouvoir à travers la pièce. Ayant saisi le drap qui servait à couvrir le lit, il l’enroula délicatement

     

    — Je vous laisse la suite, Iroe, mais n’oubliez pas ce que je vous ai dit. J’emmène ces deux là à l'hôpital. Ne trainez pas dans ce bâtiment, il n’est plus sécurisé, le mieux serait de rejoindre Mme.Cross. Ave atque vale*. »

    Note de l’auteur : Salut et bonne route, locution latine

     

    En passant à côté d’Hoshiko, il jeta un regard vers elle. Hoshiko restait immobile. Ce qu’aurait fait Akeru ? Ça lui semblait évident. La procédure, les règles d’Another ? Peu lui importait, il serait parti sans hésiter de son côté pour trouver les coupables. Et si cela avait été Akeru à la place de Léo ? Cette simple pensée suffisait à lui faire mal à la poitrine. Heureusement, il y avait un espoir pour le jeune léopard, mais alors pourquoi son coeur lui faisait aussi mal tout à coup... Comment était-elle devenue si insensible ?

    Elle s’accroupit et sortit de quoi mettre le liquide dans un récipient. En face d'elle, le miroir brisé de la chambre lui renvoyait son reflet. Elle se vit, et toujours avec cette même expression impassible qu’elle arborait le plus clair du temps. Quand était-elle devenue si insensible ? Elle eut soudainement un flash. Des gens se battant, un garçon allongé sur le bord du trottoir, une jeune fille traumatisée à ses côtés. Un homme se dirigeant vers eux. Elle flancha, submergé par ces images. Ses jambes lui firent défaut. Elle s’appuya sur le mur afin de ne pas tomber.

     

    Elle se rendit compte qu’elle serrait les dents, et que des gouttes de sueur perlaient de son front. Elle en avait presque oublié ses blessures et son combat contre Sting alors que la douleur était bien là.

     

    Quand elle reprit ses esprits, Hoshiko entreprit de prendre une photo de l’incident pour son rapport. Quand plus rien ne la retenait dans l’enceinte du bâtiment, elle commença à descendre les escaliers. Leur foyer n’était plus sûr. Elle et Akeru avaient été mis sur le banc de touche pour une période indéterminée. Akeru...quand pourrait-elle enfin le revoir ? À ses côtés, elle se sentait à nouveau elle-même et non pas cet assassin froid et distant qui faisait la fierté d’Another. Elle regarda le ciel, qui annonçait les premières lueurs du jour et se dirigea vers la moto d’Akeru. Elle devait se rendre chez la responsable, Mme. Cross.

     

     


  • Commentaires

    1
    Jeudi 7 Juin à 01:03
    J'aime.
    Dès que j'ai eu la notif' je suis venue. Alors stresse pas en postant tes chapitres parce que je les trouve parfait.
    Je suis triste pour Jack, ouais chui peut être en retard d'un chapitre, mais je suis toujours en retard pour ce genre de chose--"
    Tu m'as fait une belle frayeur avec Léo ! Il n'a pas intérêt à mourir !

    Comment ils se sont rencontrés Hoshiko et Akeru ? C'était juste des partenaires d'Another ? Comment ils ont créé ce lien aussi fort ?
    Qu'aurait fait Akeru ?
    Pourquoi Aria est aussi émotive (pas que ça me déplaise, mais c'est une agent !)
    Qui est la partenaire de String ?
    Je trouve que ça manque de romance (voilà, c'est sorti, mais c'est ce que je voulais lire ce soir--")
    A la place d'Hoshiko, j'ai lu Chiki^^
    Pour ce qui est du concours, j'avoue que je l'avais complètement zappé… j'ai eu quelques idées en lisant le chapitres, mais rien de concret.
      • Jeudi 7 Juin à 01:19
        Je vais pas te mentir. À la base, Leo aurait dû mourir, puis finalement j’ai eu une autre idée et il en réchappe.
        Moi aussi je suis triste pour Jack, tuer un personnage n’est jamais facile.
        Pour ce qui ai de leur rencontre, c’est pour plus tard, c’est déjà planifié, mais c’est pour un peu plus tard.
        Tout ça c’est pour la suite.
        Oui ça manque de romance, mais c’est un processus let, et quand un auteur n’a jamais eu d’expérience à ce sujet, ça en ai plus difficile à écrire, c’est prévu néanmoins
        Ne t’inquiète pas, le concours est toujours en cours, prend le temps qu’il faudra.
        Cet événement me permettra d’avan sur le character construction d’Aria autant que des autres.
      • Jeudi 7 Juin à 18:57

        T'as pas le droit de me sentir ce genre de chose aussi tranquillement !! Comment tu peux tuer Léo ??

        Ouais, de plus que c'était un gars bien, tu vois ?

        Ok, j'attends vraiment de voir ça ! Sérieusement, je me demande ce qui les lie autant !

        Nan, en vrai, l'histoire de la romance, ce n'était pas très juste de ma part. Ce que je veux dire, c'est que je sais qu'Another n'est pas basé sur la romance, et j'aime ça aussi. Mais vraiment, je suis venue en mode, j'ai envie de voir de la romance, alors que vraiment, ce n'est pas l'histoire--" Mais quand Aria pleurait, j'avais tellement envie de la serrer dans mes bras... Et je me suis dis qu'elle devrait se trouver quelqu'un qui le ferait pour elle voilà...

        Je vais réfléchir pour le concours, mais je te promet rien, je suis plutôt bien occupée en ce moment ! (La plus part du temps que je dis ça, je me retrouve à écrire des textes en deux deux^^)

         

    2
    Mardi 12 Juin à 15:45

    (je viens de rattraper mon retard, conséquemment je souhaite indiquer que j'ai lu les chapitres que j'ai manqués et qu'ils ont été appréciés c:) Je me suis fait les mêmes réflexions que Gae sur la suite de l'histoire. Mais je suis content que Léo ne meure pas, j'étais sûr que c'était la fin du chemin pour lui! Par contre, je t'ai dit que je n'aimais pas quand un personnage mourait? Je suis le décès u.u

    Oh par contre, niveau romance, comme Gae en parlait, moi j'apprécie qu'il n'y en ait pas (encore?) vu le nombre de ships possibles ._. ce serait outrageant d'en briser un seul même si certains ne sont pas compatibles les uns avec les autres pour des raisons de norme monogame ^^

    Edit: je suis le seul que ça choque, mais pourquoi tu as changé de police d'écriture au milieu du chapitre? '^'

      • Mardi 12 Juin à 16:44
        C’est parce que j’etais fatigué haha
      • Mardi 12 Juin à 16:49

        Bah va dormir arrête d'être fatigué u.u (utilité/20 bonjour)

      • Mardi 12 Juin à 17:01
        Rob il est comme moi : il répond à de longs paragraphes par une phrase^^ (Désolée, je devais m'incruster;))
      • Mardi 12 Juin à 17:03
        Bah accroche toi Chiki, déjà que Jack est mort
      • Mardi 12 Juin à 17:18

        Owwiiii une conversation ensemble *émotion*

        Eh arrêtez de me répondre avec des phrases :'(

        Ouais, je sais que Jack est décédey ;_; mes émotions sont pas bien rangées, y'en a partout x') j'aime pas quand les persos meuuurent T^T

    3
    Mardi 12 Juin à 17:39
    Ok
    4
    Lundi 9 Juillet à 20:37

    - Mais pourquoi tu ne me tues pas ?

    - MDR j'ai pas le temps de passer outre le bouton anti-mort de héros, allez ciao.

    Ai-je pensé. XD Ben ouais quoi, ça prend une demi-seconde d’appuyer sur la détente, hein ! "Mais enfin Ber, tu nous casses les couilles à faire des chichis !" Ben oui mais moi ça me trigger ce genre de détails. u.u

    Sinon à part ça oui, ce chapitre m'a un peu moins impressionné que les deux précédents (normal, me direz-vous) mais ils restent quand-même très intéressants en terme d'écriture. Si tu n'avais pas su me garder en haleine, j'aurais sûrement déjà arrêté de lire parce que PUTAIN C'EST LONG. Si vraiment je devais avoir une chose à reprocher aux nouveaux chapitres c'est qu'ils sont HYPER LONGS. Mais cette remarque n'a rien d'exhaustif, c'est juste que moi ça me fatigue un peu quand les chapitres sont longs.

    Au niveau du rythme, il y a une bonne balance entre les moments où le temps et stoppé et où l'action avance, point qui selon moi semble le plus important dans ce genre d'histoires. Oui parce que dans ma tête je vois la narration scindée en deux types, celle qui fait avancer l'action et celle qui ne le fait pas ; équilibrer les deux ce n'est pas toujours une mince affaire. Peut-être devrais-je fermer ma gueule parce que je n'étudie pas la littérature mais je lis beaucoup donc c'est mon appréciation.

    Enfin bref GG en retard et bonne continuation.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :